Elio

Résidence d'artistes, salle culturelle de Cénac

Mercredi 17, jeudi 18, vendredi 19 février 2021

Elio quartet, résidence d'artistes, salle culturelle de Cénac, du 17 au 19 févirer 2021. Photographie : Christian Coulais
Elio, un quartet composé de Xavier Duprat, Jérôme Masco, Flavien You, Simon Pourbaix

Depuis trois jours, le quartet Elio est en résidence dans la salle culturelle de Cénac qui résonne à nouveau de la vie du jazz. Vendredi 19 février, sous le soleil cénacais, nous avons posé quelques questions à Jérome Masco, Xavier Duprat et Simon Pourbaix. Flavien You avait dû s’absenter. Leurs propos nous éclairent sur le travail musical qu’ils ont peaufiné pendant ces trois jours et donnent un aperçu des dures conditions que vivent les musiciens actuellement. Leur programmation.

Jérôme Masco - saxophone, compositions / Xavier Duprat - clavier, compositions

Flavien You - basse / Simon Pourbaix - batterie, machines / Robin Jolivet - prise de son, vidéogramme

Que travaillez-vous et sous quelle forme ?

Nous travaillons quelque chose d’un peu neuf, une composition à partir d’un quartet : basse, piano (Rhodes), batteries et instruments, sax assez classique dans sa forme mais qui puisse sonner différemment, avec des compositions originales qui soient modernes même si moderne est un peu galvaudé, et surtout qui soit électrique. On est à la recherche d’un son qui nous plaise, qui soit neuf et différent. C’est un groupe que nous souhaitons garder sur du long terme mais l’avenir nous le dira...

 

Tous les instruments sont sonorisés ?

C’est hybride, parce que ma batterie est acoustique mais j’utilise aussi un synthé et quelques machines qui ne sont pas directement reliées à la batterie mais qui rajoutent une couleur, c’est pareil pour le saxophone.

Vous vous situez dans quelle mouvance ?

Nous avons tous des filiations diverses, on a écouté et on écoute beaucoup de musique, donc des influences multiples, on essaye, d’après les compos de Jérôme, de trouver une esthétique stimulante qui soit la nôtre, un son qui nous soit propre.

 

Quelle forme ? Quel projet ?

 Pour le moment c’est du work in progress comme on dit… de la recherche qui avance même si plusieurs morceaux commencent à nous satisfaire. Nous espérons faire un EP* dans quelques temps.

(*Un EP, un extended play est un format musical plus long que celui du single, apparu dans les années 1950. N.D.L.R.)

Que vous apporte cette résidence ?

D’avoir un tel lieu (équipé phoniquement), c’est exceptionnel en ce moment. Depuis le mois d’octobre, c’est le seul moyen que l’on a pour jouer ensemble, vu qu’on n’a plus accès au public. C’est donc un environnement très restreint pour jouer et travailler. D’habitude on a des salles de prêt et là plus rien. On pourrait répéter les uns chez les autres mais ce n’est pas les mêmes conditions.

En résidence, il y a un truc en plus au-delà de répéter ensemble. C’est le contact aussi. C’est le fait que Jazz 360 soit venu vers nous, c’est valorisant, et nous montre que ce que nous avions mis en ligne sur notre travail en cours a déjà commencé à tomber dans les bonnes oreilles et à porter ses fruits. Ce qui veut dire que ça plaît un peu et cela nous fait du bien. Et puis les gens qui viennent, avec lesquels on échange, qui viennent interviewer, nous permettent de développer un discours qui transcende la musique que l’on fait.

Ce sont les petites choses de la socialisation, celles qui font que c’est cool, qui nous manquent en ce moment.

Quelle est votre stratégie de travail actuellement ?

On a travaillé de notre côté, dans notre coin, pour trouver le son, puis la démarche a été d’être en ligne, de rendre public ce son-là par une vidéo, une captation … Au début, on a enregistré plusieurs des morceaux qu’on avait joués, il y en a un qu’on a publié.

En fait, il ne s’agit pas d’un choix de stratégie, on est contraint par le contexte actuel. Or, il faut produire si l’on veut faire exister le groupe. Si tu ne joues pas le jeu des réseaux sociaux et bien ton groupe ne trouve plus de travail. Ce n’est pas personnel, si je pouvais faire différemment je le ferais.

On essaie de ne pas trop s’aligner sur ça quand même. Pendant cette résidence, on a fait une captation mais sans que cela impacte l’ensemble du travail qu’on avait à faire. On a essayé de mixer le travail du son et de l’image et de continuer ce travail-là.

Les résidences comme celles-ci sont très importantes car tous les musiciens n’ont pas les moyens de faire des vidéos dans de bonnes conditions.

Avez-vous l’espoir de jouer en présence prochainement ?

L’espoir ? Oui (rires), mais cela ne dépend pas de nous. Cela dit, nous avons un concert le 20 mai, on croise les doigts. On envisage une reprise normale à l’automne, mais avec beaucoup de craintes évidemment.

En tout cas on voudrait bien sortir de cette situation où l’on travaille certes, mais gratuitement, où l’on ne cotise pas, où les uns et les autres se retrouvent dans des situations impossibles, certains ont perdu l’assurance sociale et c’est dramatique !

Merci ELIO, et à très bientôt sur scène, souhaitons-le.

Jazz360 remercie la municipalité cénacaise et sa maire, Catherine Veyssy, pour son soutien et la mise à disposition de la salle culturelle de Cénac .


Les prochains R.D.V. en 2021

Mars 2021

Actuellement 5 classes d'écoles primaires (2 à Cenac, 2 à Quinsac et 1 à Camblanes) travaillent sur un répertoire commun pour un concert de restitution en chant choral pour l’ouverture du festival JAZZ360.

Avril 2021

Le projet Lyne de la chanteuse Caroline Turtaut sera en résidence du 20 au 22 avril à la salle culturelle de Cénac.

Vendredi 21 mai

Restitution publique du projet soutenu par la Sacem La Fabrique à Jazz, avec la classe de CE2 CM1 CM2 de l'école du Tourne et la chanteuse Carole Simon-Tocah. Salle culturelle de Cénac.

Jeudi 3 juin au dimanche 13 juin

Onzième édition du Festival Jazz360

Vendredi 25 juin

Concert en co-organisation avec la Maison d'Aide Spécialisée LADAPT de Camblanes-et-Meynac avec Crawfish Wallet



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