KOLINGA

L’Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023

Texte : Annie Robert / Photographies : Laurent Sabathé

Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Kolinga, l'Astrada de Marciac

 

Kolinga est une belle aventure musicale, de celles que l'on est heureux de rencontrer parce qu'elles vous rendent meilleur, plus ouvert et plus dense.

 

Il paraît qu'en lingala, l’une des langues du Congo, Kolinga signifie aimer. Si l’on ajoute un accent sur le «i » cela signifie encercler, boucler, lier.

 

Et c'est vraiment le ressenti : une grande générosité aimante qui peut délier pleins de douleurs sous-jacentes. Avec une énergie collective et une joie permanente.

 

Rebecca M’Boungou; Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Rebecca M’Boungou; Kolinga, l'Astrada de Marciac

Porté par la chanteuse et compositrice franco-congolaise Rebecca M’Boungou, (c'est réconfortant de voir les femmes prendre leur place), ce concert s’orchestre autour du nouvel album du groupe intitulé « Legacy ». Au départ formé d'un duo, plutôt électronique, le groupe Kolinga s'est transformé en un sextet tourné davantage vers la world music acoustique, portée par un beau groove mais pas seulement.

Le rock et le jazz irriguent en effet cette musique qui se caractérise par un rapport très vivant, très charnel aux notes et aux mots. C'est une confluence entre rythmes traditionnels congolais et une multitude d'autres couleurs, folk ou soul qui font instinctivement bouger.

Arnaud Estor, Nico Martin; Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Arnaud Estor, Nico Martin; Kolinga, l'Astrada de Marciac

 

 Le premier titre « Nguya Na Ngai » est un hommage aux femmes congolaises victimes des dernières guerres civiles qui ont ravagé le pays. Il démarre avec la batterie en frappé bois et la voix médium très intense, rejoints par des voix harmonisées en polyphonie, particulièrement bienvenues dans la qualité inventive.

 

Le côté terrestre, tribal et répétitif se mêle au cor et à la flûte qui apportent légèreté et dorure. Suivra un titre émouvant intitulé sobrement « Mama ».

 

Rebecca M’Boungou; Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Rebecca M’Boungou; Kolinga, l'Astrada de Marciac

 

 

Puis un chant presque a capella, soutenu par des boucles électroniques, rappellera les influences diverses et multiples du groupe.

 

 

 

Rebecca M’Boungou chante en français, en anglais et en lingala.

 

 

Jérémie Poirier-Quinot; Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Jérémie Poirier-Quinot; Kolinga, l'Astrada de Marciac

Les structures qui portent les morceaux se dévoilent extrêmement variées au fil des chants ; les échanges entre les musiciens également. Ils allient groove et transe ancestrale avec facilité.

Le chant soul se laisse porter parfois par le cor qui improvise discrètement à son côté, rejoint plus tard par la section rythmique, ou bien des gazouillis de flûte et de guitare s'entortillent, ou bien encore la voix est doublée par la basse (pas courant et efficace !).

Les musiciens sont tous à l'écoute, ils forment une belle osmose et partagent le même élan libéré. L'inventivité est au rendez-vous pour chacun, tout en gardant la couleur générale du groupe.

Vianney Desplantes, Arnaud Estor, Nico Martin; Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Vianney Desplantes, Arnaud Estor, Nico Martin; Kolinga, l'Astrada de Marciac

 

 

Rien n'est identique et pourtant la même ferveur remplit tout.

 

On sent le tumulte intérieur qui agite Rebecca, son élan vers le Congo, ses tiraillements, son engagement aussi.

 

À tout moment, on est bousculés dans le son et dans l'âme, happés par la joie et l'inquiétude, émus toujours.

 

Rebecca M’Boungou; Kolinga, l'Astrada de Marciac, mardi 1er août 2023. Photographie © Laurent Sabathé
Rebecca M’Boungou; Kolinga, l'Astrada de Marciac

C'est tantôt une transe lente comme dans « Legacy, » ou joyeuse comme dans « Ça va aller ». L'émotion est à fleur de guitare, à fleur de voix comme dans « Petit homme » dans lequel les rythmes brésiliens ne peuvent cacher la douleur.

 

Deux rappels concluront ce concert avec le très beau « Je ne suis pas de ce monde » moitié parlé moitié chanté.

 

Pas étonnant que le groupe soit soutenu par Gaël Faye. Il a dû y retrouver les couleurs d'un monde connu de lui, des mélodies qui transcendent les déchirements de notre monde... Les angoisses et les joies de la musique.

 

Ce sont ces couleurs-là qui nous poussent à faire un bout de voyage avec eux, à plonger dans les mille sources de leur inspiration et à en ressortir rafraichis et plus forts.

Rebecca M’Boungou, chant lead, clavier, kalimba / Arnaud Estor, guitares électrique & acoustique

Vianney Desplantes, euphonium, flugabone, chœurs / Jérémie Poirier-Quinot, clavier, flûte traversière, chœurs

Nico Martin, basse / Jérôme Martineau-Ricotti, batterie, chœurs

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